Avec Leçon d’une Transat, retour sur l’apprentissage humain effectué à bord du bateau durant les 50 jours de traversée. L’occasion de révéler les ressorts cachés et les découvertes effectuées par l’équipage tout au long de son périple.

Le fruit d’une grande humanité, sur une coquille de noix.

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Ode aux soignants

Transat dans un fauteuil - Rémy, Jacques, Jean et Loig
Transat dans un fauteuil - Rémy, Jacques, Jean et Loig

Photo – départ de la Trinité-sur-Mer le 8 octobre 2016. Jean avec 3 marins soignants (de gauche à droite) : Rémy le kiné, Jacques le Médecin et Loïg l’infirmier. Une équipe de bénévoles au grand cœur, grâce auxquels le catamaran a pu devenir une sorte d’hôpital flottant avec un savoir faire et des équipements à faire pâlir d’envie bien des services d’urgence…

Leçon N°3 – Ode aux soignants

Si Transat dans un fauteuil a pu démontrer quelques chose, c’est bien le dévouement sans limite des soignants. Je le constatais jusque là régulièrement en fréquentant les hôpitaux, et j’ai pu – une fois de plus et dans des conditions exceptionnelles – le vérifier à bord de notre catamaran avec nos trois soignants : Rémy, Jacques et Loïg.

D’abord ils ont acceptés de prendre le risque d’accompagner une personne aussi fragile que moi sur un océan qui ne s’annonçait pas de tout repos, sans pouvoir faire appel au 15, voire au 18 !

Même s’ils se sont proposés spontanément pour participer à l’aventure, prendre un tel risque, à l’heure du principe de précaution à tous les coins de rue, ne va absolument pas de soi. Ils ont pris ce risque en toute connaissance de cause, se préparant à toutes les éventualités à bord.

Pour se préparer, Rémy a participé à un stage de survie à Lorient, Loïg a bouclé un diplôme de médecine maritime avant le départ et Jacques a multiplié les stages dans les spécialités qu’il lui fallait maîtriser. Au-delà des compétences, il leur a fallu aussi dresser une liste impressionnante de matériels, de médicaments et de fournitures pour faire face à toutes éventualités. A ce titre, je me dois de souligner que les équipements d’urgence n’ont jamais été sortis pour moi-même, mais au bénéfice de tous les autres membres de l’équipage. Chacun de mes cinq coéquipiers s’est en effet blessé à tour de rôle, à commencer par notre skipper Philippe avec un doigt écrasé la première nuit (7 points de suture).

Compétences et équipements au top étaient bien sur indispensables pour se prémunir face à toutes les adversités immaginables. Mais le plus important n’était pas là. Je veux parler de leur dévouement à mon égard, jour et nuit, par tous les temps. Un dévouement qui a nécessité pour eux l’apprentissage d’un nouveau métier : ce qu’on appel le nursing. A savoir s’occuper de mon corps (un gros bébé de 1,97 m et quelques 105 kg) matin et soir, de la tête au pieds et des pieds à la tête, pour touts les actes de la vie quotidienne : toilette, habillage, repas, massages, pose de crèmes diverses et variées, réglages de ma position dans le fauteuil, dans un espace de manœuvre particulièrement réduit et sur un élément liquide indomestiquable !

Une expérience totalement nouvelle pour eux tous, qui a données lieu à des situations cocasses. Je me rappelle un Loïg hilare m’expliquant qu’il n’aurait jamais cru voir dans sa carrière un médecin laver les fesses d’un patient… C’est dire si chacun de mes soignants à du se faire violence parfois pour assurer cette présence fraternelle à mes côtés.

Jacques, Rémy et Loïg symbolisent pour moi, mieux que personne, la beauté de cette vocation du soin au service des autres. A travers eux, je dédis cette Transat dans un Fauteuil à tous les soignants du monde. Car sans eux, nous ne pourrions pas, tout simplement, vivre en toute sérénité.

Jean d’Artigues

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Quand la solidarité devient chaîne humaine

Quand la solidarité devient chaîne humaine
Quand la solidarité devient chaîne humaine

Nous sommes le jour du départ le 8 oct. 2016. Nous sommes dans la baie de Quiberon accompagnés par nos familles, amis, bénévoles, supporters, sponsors. Tous ont un point commun : ils se sont investis sans compter depuis 9 mois dans un enthousiasme délirant et communicatif qui va nous porter tout au long de nos 50 jours de voyage.

les Leçons de la Transat

Leçon N°2 – Quand la solidarité devient chaîne humaine

Jamais le projet Transat dans un fauteuil n’aurait pu voir le jour, et être un succès, sans la contribution de centaines de personnes. Que ce soit en donnant de leur temps, de l’argent, des idées, des contacts, chacun des quelques 500 acteurs qui ont cru au projet, ont eu un rôle clé.

Quel que soit le niveau et la nature des contributions de mes 500 amis, je sais que chacun d’eux a contribué à la hauteur de ses moyens, et je les en remercie du fond du cœur.

De bout en bout, Transat dan un fauteuil a été porté par une gigantesque chaîne de solidarité permettant à ce projet de s’envoler, de prendre corps pour devenir réalité et d’atteindre ses objectifs généreux. Nous avons collectivement montré que les rêves sont toujours possibles quand on y croit, en donnant de l’espoir à tous ceux qui font face à des difficultés.

J’ai constaté à chaque étape du projet que les bonnes personnes étaient toujours là où il fallait, au bon moment, que ce soit pour porter les bagages, donner des encouragements, ouvrir des portes, résoudre les problèmes, relever les petits et grands défis. Je pense aussi à tous ceux qui ont remplis notre bateau de merveilleux cadeaux pour nous aider à garder le moral (bourriche d’huitres, plats cuisinés, bouteilles de vin, magnum de champagne, whisky, rhum…)

Avant le départ, comme à l’arrivée, sur et en dehors du bateau, il a fallu écrire, photographier, coudre, visser, transporter, imaginer, manœuvrer, réparer, cuisiner, penser, se réunir, coopérer, calculer… une immensité de tâches minuscules, tel un immense puzzle, que cette chaîne humaine de solidarité a réussi à accomplir dans des délais records pour un projet tellement fou en apparence… et en réalité ! Cela a été essentiel pour me permettre d’aller au bout de moi-même, alors que mes moyens n’avaient jamais été aussi limités. J’avais déjà foi en l’être humain auparavant, et cette expérience solidaire l’a décuplé comme jamais je n’aurais pu l’imaginer.

Chaque jour, je « redéfile » au moins une séquence de ces 11 mois incroyables et je revois chaque acteur y ayant participé pour mieux les remercier et ne jamais oublier ce merveilleux cadeau qu’ils m‘ont fait en choisissant d’être solidaire de mon combat.

Jean d’Artigues

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L’art de se mettre au service de l’autre

l'art de se mettre au service de l'autre

les Leçons de la Transat

Leçon N°1 – L’art de se mettre au service de l’autre

l'art de se mettre au service de l'autre

Photo – départ de la Trinité-sur-Mer le 8 octobre 2016. Le catamaran de la Transat dans un fauteuil est entouré d’une flottille de bateaux regroupant 300 personnes. Je suis sur le pont arrière, et je salue tous les supporters de mon rêve de gosse : traverser de l’Atlantique à la voile. A cette époque je peux juste lever les pouces. Du coup, Loig et Rémy m’aident à lever les avant-bras pour saluer les supporters.

Cette transat dans un fauteuil a été possible parce que j’avais un équipage extraordinaire, qui par son empathie et sa capacité à relever tous les défis, a fait que cette aventure soit une réussite.

Loig et Rémy se préoccupe avant tout de moi avant de s’occuper d’eux. Il en sera ainsi tout au long de cette traversée de 50 jours sur notre catamaran entre La Trinité-sur-Mer et le port du Marin à La Martinique.

Durant le voyage, aucun événement n’interrompra cette sollicitude et cette attention. Pour chacun des cinq membres d’équipage l’aventure ne pouvait être réussie pour eux que si elle l’était pour moi. Je n’avais navigué avec aucun des membres d’équipage avant cette aventure. Ils étaient des inconnus pour moi autant que je l’étais pour eux.

Cette situation me renvoie à mon quotidien depuis plus de 6 ans où dans ma détresse et mes difficultés au jour le jour je n’ai pas cessé de rencontrer des inconnus qui m’ont permis de sortir de difficultés multiples parce qu’ils étaient touchés par ma situation et décidaient spontanément de donner d’eux-mêmes pour m’aider.

Jean d’Artigues