Zéro sans solution… il n’y a que Jean pour oser le faire

Zéro sans solution - RCF

Jean a fait cette émission parce qu’il a été marqué en ses vertes années, quand il rendait visite à sa grand-mère, par l’émission intimiste Radioscopie de Jacques Chancel, dont le générique musical est gravé dans nos mémoires.

A une nuance prêt, Jean veut que cette émission soit un moment de partage de l’impossible… qu’il connait si bien. Alors, il a créé « Zéro sans solution » une émission consacrée à l’exploration des ressorts de ceux qui osent. Car, autour de nous, il existe des personnes qui ne se résignent jamais, quels que soient leur sexe, leur âge, leur métier, leur milieu, leur formation, leur situation sociale, leur santé.‎ Ce sont des « résistants » au pessimisme, à la fatalité, au malheur, au vide, à la passivité.

Au plaisir de partager avec vous cette première série de Zéro sans solution, par notre ami Jean d’Artigues, journaliste au long cours. Et je vous invite à vous abonner au podacst éponyme.

Leur devise « Zéro sans solution ».
Mais comment font-ils ?

Un engagement au service d’un pari demeurant encore une exception : créer des emplois en les partageant !

Franck Delalande

vendredi 2 septembre 2016

Franck Delalande est engagé depuis 20 ans en tant que directeur général de l’association Venetis, créée par un groupement d’employeurs pour développer l’emploi en Bretagne Sud.

S’il vous plaît, ne m’enlevez pas mon handicap ! Je suis trop heureux avec !Gilles Le Druillennec

vendredi 17 juin 2016

Handicapé avec plus d’un tour dans son sac, Gilles Le Druillennec est surtout un enthousiaste de la vie !

Stéphane Levin l’explorateur-citoyen hors limites et hors normesStéphane Levin

mercredi 15 juin 2016

Depuis tout petit, Stéphane Lévin est habitué aux horizons lointains.

Quand on veut, on peux ? Pas sûr ! L’important, c’est de ne pas perdre espoir !

Capucine Trochet

jeudi 12 mai 2016

Capucine Trochet est navigatrice, aventurière, voire les deux à la fois, depuis l’âge de 15 ans.

J’ai osé braver la routine !

Jean Possémé

jeudi 12 mai 2016

Durant plus de 60 ans, Jean Possémé s’est mis, avec sa famille, au service des plus souffrants et des pauvretés de notre temps….

Pour vivre ma vie avec la mer, j’ai dû tout donner et ne rien lâcher ! 

‎Nicolas Le Corre

jeudi 12 mai 2016

Nicolas Le Corre, Malouin de naissance, a, malgré un exil de 50 ans loin des côtes bretonnes, toujours réussi à faire de la mer sa compagne des bons et des mauvais jours.

Qu’est-ce que je ferais si je n’avais pas peur ? Marie Eloi

samedi 30 avril 2016

‎Fondatrice de l’école Montessori de Larmor-Baden (56) il y a 5 ans et du mouvement Femmes de Bretagne (3500 membres en 18 mois d’existence), Marie Eloy se l’est posée très tôt et très souvent.

Les enfants de détenus ont besoin de créer un lien avec leur parent incarcéré ! Pour eux, je n’ai jamais baissé les bras !

Marie-France Blanco, samedi 23 avril 2016

‎Vous étiez-vous déjà posé la question de savoir ce que devenaient les enfant dont l’un des parents est incarcéré ?

Maintenir le lien affectif entre enfants et parents en prison : c’est la mission de l’association créée il y a 30 ans par Marie-France Blanco, les Relais Enfants-Parents. Retour sur un parcours du combattant pour vaincre les préjugés.

Un brin de folie, qu’est-ce que ça fait du bien !

samedi 16 avril 2016zero-sans-solution-rcf-jean-francois-bitaine

Jean-François Bitaine est un créateur en série d’aventures caritatives. Toute sa vie, il a inventé des projets solidaires. Pensant d’abord aux autres même quand il a traversé des épreuves personnelles lourdes. Et réalisant ce faisant d’authentiques exploits un peu fous qu’il nous raconte ici !

 

Ne renoncer à rien, ne jamais abandonner et toujours espérer !

samedi 9 avril 2016

Marc Guillemot

Marc Guillemot est un navigateur pour qui rien n’a jamais été facile. Au-delà de victoires et de records sur les mers, sa vie de marin a été jalonnée de drames, d’accidents, de coups du sort… Et pourtant, sa passion pour la mer est intacte. Il nous explique ici ce qui le fait toujours repartir vers le grand large !

Entretien avec Rémy, kiné membre d’équipage

Entretien avec Rémy, kiné membre d'équipage
Entretien entre Céline et Rémy - kiné membre de l'équipage

Comment est le bateau ?catamaran Transat dans un fauteuil

C’est une belle bête ! Il fait 16 mètres de long et 9 mètres de large. C’est le bateau qui a le mat de plus haut parmi tous les bateaux qui sont à La Trinité ! 28 mètres de tirant d’air !

Quels effets les flots auront-ils sur Jean sur ce bateau ?

Les flots vont être peut-être être éprouvants. Jean est un château de cartes. Un catamaran est plus stable qu’un monocoque. Néanmoins les vagues viennent taper bruyamment sous le plancher de la nacelle. Les mouvements d’un catamaran sont plus heurtés que ceux d’un monocoque. Et la vie à bord d’un bateau est elle-même plus hachée qu’à terre. Toutefois, le mouvement continu est source d’antalgie. De plus, la mer a un côté hypnotique. Face à la mer, on s’absorbe. Entre mouvements hachés, mouvement antalgique et hypnose, nous ne savons pas encore quels équilibres se feront dans corps de Jean.

Jean est un homme connecté, être sur mer sera reposant aussi !

De ce côté là, je ne sais pas dire ! Ou bien ce sera reposant, ou bien ce sera oppressant pour lui. Jean est un journaliste très branché. La déconnexion peut être source de gêne et de manque. A l’opposé, les marins aiment la solitude. A nouveau, quel équilibre se fera ?

Pour toi, que représente cette expédition ?

C’est bien une expédition, plus une expédition qu’une aventure. Aventure c’est trop poétique. Je vis sur un bateau depuis plus de quatre ans. Je suis un SDF, un Sur Domicile Flottant. Je passe ma vie à caboter. Cette expédition, pour moi, c’est plus que l’appel de la mer, c’est une idée de nécessité. Il est nécessaire de rendre service à autrui et à la société dans laquelle nous vivons.

Rendre service à la société dans quel sens ?

Mon métier de kiné, je l’ai exercé dans le monde de la rééducation. Il faut avoir une vision globale de la personne. Il y a une partie physiologique bien sûr mais aussi un aspect sociétal. Il n’y a qu’à penser à l’accès aux bâtiments. Je dirais que rendre service à une personne dans la société, c’est restaurer des capacités à faire quelque chose. L’existence se résume à ce que l’on fait. Le rôle d’un rééducateur, c’est de redonner au maximum à la personne ses possibilités de fonctionner, de vivre.

On est ce que l’on fait, il faut soutenir quelqu’un qui fait, c’est ça ?

Faire en sorte que la personne puisse se réaliser par ses actes, oui.

Dans quel état d’esprit vas-tu prendre le large ?

Je suis d’un naturel insouciant et j’ai une propension forte à évacuer les risques. Les choses sont comme elles sont. Nous sommes trois soignants. Les soignants de métier sont dans l’empathie. Cette empathie infuse dans l’équipage. On se confie entre nous, les six membres de l’équipage, on s’expose. On arrive à une grande qualité de collectif.

Et partagez, enregistrez-vous, écrivez, le journal de bord sera très précieux !

Comment font ceux qui trouvent et comment raisonnent ceux qui innovent

conférence recherche sur la maladie de Charcot

« Le temps coûte très cher chez nous »

C’est par cette phrase que Jean d’Artigues à introduis la table ronde organisée par l’Association pour la Recherche sur la Sclérose Latérale Amyotrophique (ARSLA), maladie plus connue sous le nom de maladie de Charcot. Cet événement s’est déroulé le 2 juillet 2015, à l’Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière (ICM) à l’Hôpital Pitié Salpêtrière.

Jean d’Artigues a organisé cette table ronde avec d’éminents chercheurs, avec un seul objectif

Comment tous ensemble, patients, chercheurs, pouvons-nous faire avancer la recherche ? Qu’est ce qui pourrait nous aider à être malins et à être agiles pour faire face à toutes les contraintes auxquelles est confronté le monde de la recherche en général et celui de la SLA en particulier ? Réunir les conditions qui nous permettent de chercher et de ne pas nous occuper d’autre chose que de recherche. Comment trouver les moyens d’aller plus vite ensemble .

Jean d’Artigues a donné à Albert David(1) le cahier des charges pour sa conférence :Comment font ceux qui trouvent et comment raisonnent ceux qui innovent

Albert David y répond en 6 points, et avec un talent pédagogique redoutable :

  1. capacité à reconcevoir, à changer les questions ;
  2. capacité à donner une chance aux idées bizarres ;
  3. ceux qui trouvent et ceux qui innovent savent garder l’esprit ouvert et préparé ;
  4. garder une vision globale, même quand il y a des milliers de sous projets : garder le cap ;
  5. cultiver les vertus de l’indiscipline ;
  6. jouer les faux candides et décadrer les expertises.

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(1) Albert David est professeur de management à l’université Paris-Dauphine, et directeur du master « Management de la Technologie et de l’innovation »

Rencontre avec Jean d’Artigues

Jean d'Artigues - Transat dans un fauteuil

La vie sous force 10

Traverser l’Atlantique en étant porteur de la maladie de Charcot ! Il fallait oser. Jean d’Artigues, un entrepreneur de 52 ans, tétraplégique, s’apprête à relever ce défi. Gonflé et un peu fou. Nous l’avons rencontré dans sa maison à Vannes.

l’original de cet article a été publié dans la revue OMBRES & lumière

Un battant ! En voyant la main de Jean d’Artigues se lever légèrement du « joystick » de son fauteuil électrique, et se tendre pour une longue poignée, on ne peut s’empêcher de penser à sa devise : « l’impossible est toujours possible« . Le 15 octobre, ce chef d’entreprise de 52 ans, atteint de la maladie de Charcot et aujourd’hui tétraplégique, va embarquer à La Trinité-sur-Mer sur un catamaran de 16 mètres de long pour une « transat en fauteuil ».

Le projet a démarré en décembre dernier. « Traverser l’Atlantique est un rêve de gosse, raconte l’ancien journaliste de sa belle voix douce et grave, radiophonique. Mais le déclic m’est venu de l’ARSLA, une association de malades dont je suis vice-président. » Un jour, un homme atteint de cette maladie appelle à l’association. Il est désespéré et souhaite qu’on l’aide à mourir. Pour lui redonner du courage, la personne au téléphone lui parle de Jean d’Artigues, en photo sur un bateau sur le site de l’association. « J’ai alors compris qu’en faisant une activité forte, je pouvais devenir un passeur d’espoir; » poursuit ce père de famille. Dans la foulée, il expose son projet fou à une vingtaine d’amis fans de voile. Très vite, un voisin, le marin François Berteloot, a une idée pour trouver un bateau neuf et propose de l’emmener avec son frère Philippe, également skipper. « Ils venaient d’assister à cinq années d’une vie familiale marquée par des drames, et se disaient que ça me changerait les idées. »

Chasser la colère

Ces cinq années douloureuses, Jean d’Artigues les regarde aujourd’hui avec le recul de celui qui a essuyé des vents de force 10 et s’en est sorti. Venu à Vannes en 2011 avec son épouse et leurs quatre enfants pour pouvoir faire plus de bateau et lancer son entreprise de conseil en communication, il ressent un mois après leur emménagement une perte de force à la jambe droite. Ce sont les premiers symptômes de la Sclérose latérale amyotrophique (SLA). Deux mois plus tard, sa femme déclare un cancer. Elle meurt en septembre 2014. En avril 2015, Jean, déjà en fauteuil, perd l’usage de ses bras. A première vue, cela pourrait sembler une lente descente en enfer. Et pourtant, « depuis cinq ans, j’ai fait en sorte de chasser la peur et la colère de ma vie. Malgré mes limites physiques, je suis plus fort aujourd’hui« , déclare cet entrepreneur qui a toujours fait preuve d’audace dans sa vie professionnelle et personnelle. Outre la traversée de l’Atlantique, il a le projet de se remarier avec Laurence, rencontrée depuis peu. Et si ses enfants peuvent avoir du mal à le suivre dans tous ses projets, lui souhaite leur laisser un témoignage de vie, les invitant à réaliser le plus possible leurs rêves.

Jean d'Artigues - Transat dans un fauteuil

« J’ai toujours été un fonceur, amoureux de la vie. Enfant, ma lecture préférée était Robinson Crusoé, l’histoire d’un homme qui se retrouve dans une situation inédite avec des difficultés énormes. Je fais en sorte de vivre mon expérience du handicap comme une nouvelle aventure« , témoigne Jean d’Artigues. Ce matin, il vient justement d’essayer un fauteuil adapté pour maintenir son corps dans la traversée, car « quand on est immobile sur un catamaran, six forces contraires s’exercent« , explique-t-il. L’idée est d’aménager le bateau avec des solutions existantes et à moindres frais, afin de montrer que la voile est possible pour des personnes dépendantes. Et de rendre le bateau intact après la traversée.

40 personnes impliquées

Jean participera à tout comme n’importe quel équipier. « Je ferai des quarts, un système me permettra de barrer; je participerai à l’élaboration des menus, à l’ambiance. Pour le reste, nous avançons avec beaucoup d’inconnues physiologiques« , poursuit-il. L’une des difficultés sera en effet d’anticiper constamment les réactions de son corps au froid — il réagit comme s’il faisait dix degrés de moins —, à la faim, et à la fatigue, afin d’éviter que s’installe un état difficile ensuite à rattraper. A bord, seront aussi présents trois soignants bénévoles et férus de voile : un médecin pneumologue, un infirmier réanimateur et un kinésithérapeute. En tout, une quarantaine de personnes sont impliquées dans ce projet parrainé par le skipper Marc Guillemot. Une grande fête et une importante couverture média lanceront le départ. Chaque mile parcouru permettra de financer la recherche sur la maladie. La traversée devrait durer deux mois pour une arrivée à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) fin décembre mais, dans sa tête, assure Jean d’Artigues, le voyage a déjà commencé.

N’allez pas croire cet homme surhumain. Au contraire, la maladie l’a humanisé. « Je fais 1,97 mètre. Le fait d’être dans un fauteuil m’a rendu plus accessible. J’ai ralenti, j’ai intégré dans ma vie davantage de repos. Chaque jour, la pesanteur de mon corps se rappelle à moi. Il faut m’arracher à la glaise, confie-t-il, c’est un combat. »

Et Dieu dans tout ça ? « Au moment du diagnostic, ma vie a chaviré en quinze minutes. On m’a dit l’essentiel : vous en avez pour deux ou trois ans ; il n’y a pas de traitement ; il faut réorganiser votre vie. Je ne savais plus où j’étais. Une force qui ne vient pas de moi est venue m’habiter. Elle ne m’a jamais quitté. »

Florence Chatel @florence_chatel
Journaliste Ombres & Lumière

technique de bord : la douche

la douche à l'horizontal

Vous n’imaginez pas le nombre de choses qu’il nous faut inventer, tester et valider 🙂

Voici le dispositif pour permettre à Jean de prendre sa douche sur sa couchette (pour les jours où il fait mauvais) ! Conçu par Loïg et Rémy (infirmier et kiné du bord), réalisé par Jacques (un voisin émérite, parmi les meilleurs maîtres-voiliers du monde) dans le tissu qui sert à faire les voiles du Vendée Globe (excusez du peu et merci à Northsails pour ce beau coup de pouce ! ) et testé par mon voisin François (l’un des deux navigateurs pro de la Transat) !

douche Skipper Transat

Jean d’Artigues sur France Info le 9 juillet 2016

France Info

Jean d’Artigues, atteint de la maladie de Charcot et tétraplégique, a présenté sur France Info ce samedi son projet de traversée de l’Atlantique en voilier baptisé « Une transat dans un fauteuil ».


une transat dans un fauteuil ! par franceinfo

Cet homme de 52 ans a expliqué avoir réalisé « un rêve de gosse « . Selon l’entrepreneur : « ça vous poursuit année après année et à cause de cette maladie qui galope, je me suis dit : je n’ai pas beaucoup de temps devant moi « .

Jean d’Artigues a souhaité montrer « que l’impossible est toujours possible, c’est un message à la fois vers les malades, leurs proches et les chercheurs aussi qui cherchent depuis 150 ans un traitement qui n’est toujours pas trouvé  » (…)  C’est quelque chose de fondamental de pouvoir mettre ce projet au service de la maladie de Charcot « .

La traversée de l’entrepreneur démarre en octobre, de la Trinité-sur-Mer, dans le Morbihan, jusqu’en Guadeloupe. A bord du voilier seront présents deux marins professionnels et trois marins soignants pour accompagner Jean d’Artigues : « A bord, mon ambition c’est d’être un équipier pas tout à fait comme un autre mais un équipier comme un autre quand même : capable de participer à la vie du bord, et non pas d’avoir cinq personnes autour de moi en assistance permanente « .

56 000 euros de dons récoltés en deux mois

Le voilier sera également aménagé pour accueillir l’homme atteint de la maladie de Charcot et tétraplégique : « Le contrôle de la barre et du moteur sont prévus grâce à de l’électronique : avec des boutons qui tournent je vais pouvoir, avec le peu d’amplitude qui me reste et le peu de force, m’occuper de la trajectoire du bateau « .

Pour mener à bien ce projet, Jean d’Artigues a lancé un appel aux dons : il a réuni, en deux mois, 56 000 euros. L’entrepreneur a remercié ses donateurs sur France Info « c’est une divine surprise accompagnée de messages de personnes que je ne connaissais pas (…) et qui me disaient ce projet ça nous touche (…) je les remercie infiniment (…) les noms de chaque donateurs seront présents sur les coques du bateau et ce sera quelque chose de très fort : on embarque à peu près à 250 « .

Ce projet de traversée est au profit de l'ARSLA, l'association nationale de recherche sur la maladie de Charcot.