le Solidaire & le Solitaire : 2 histoires de marins fantastiques

le solidaire et le solitaire

C’était un soir passé sur le net, un soir passé à écouter deux hommes, Jean d’Artigues, capitaine de la Transat dans un fauteuil, et Thomas Coville, qui vient de terminer un tour du monde en 49.3, comme il s’amuse à dire.

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Des miracles soutenus

Tandis que Jean loue l’effort de solidarité et reconnait « ceux qui ont osé donner », Thomas salue son sponsor, Sodébo, depuis 18 ans et déclare que l’énergie vient des autres, elle est amont, elle est là, elle est autour. Thomas a été accompagnateur, il sait de quoi il parle ! La persévérance, ça demande de la confiance. Et quelle dose de fierté cela donne à ceux qui ont osé donner ! Osé ?

L’autorité, parlons-en !

Sûr de ses forces avant de se savoir malade, un brin orgueilleux confie-t’il, Jean raconte que la maladie ouvre nécessairement ses portes à la paix, l’amour et la joie. La force se trouve comme façonnée par cela et Jean raconte que ses enfants lui trouvent un je ne sais quoi de plus humain. « C’est une joie qui est dense, déclare Thomas, qui est profonde. Elle me libère de beaucoup de choses. » Le passage de la ligne d’arrivée marque pour Thomas son « plus beau jour de leader » tandis que l’autorité de Jean est grandie par sa résilience qui a poussé à l’impossible. Et pour ses enfants, « incarner le fait de rester debout » et même « continuer à se transformer » sont des ingrédients créateurs d’autorité. Ô combien pour avancer dans la vie, avoir des modèles qui sont des références d’autorité est précieux !

L’explosion de soi

S’éclater, littéralement, les deux hommes en ont fait l’expérience. Thomas déclare, harassé par l’épreuve, « c’est une emmerde par heure » et beaucoup de vulnérabilité. En permanence, il faut être dans l’instant, dans « l’ultra-connexion du sensoriel. » Pour Jean, marin voileux, se trouver capitaine en fauteuil et souvent allongé et sanglé, parce que ses muscles ne le soutiennent plus, l’a renvoyé à ce qu’il ne peut plus faire. « C’était plaisant et en même temps, c’était un nouveau deuil à faire pour avancer. » L’explosion de soi, c’est chercher de la densité de vie au plus profond de soi. Pour les deux, il était indispensable de gagner. « La sensation de gagner est un fluide qui te remplit, qui te rentre ».

Qui te rentre ! Ce soir passé sur le net est une soirée dense, qui remplit le lecteur, l’auditeur, la surfeuse que j’étais ce soir-là d’énergie et de joie. A propos de joie, il faut bien écouter l’interview de Jean jusqu’au bout : y’a un scoop !

 

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Les élèves de la classe de 5ème 7 du collège La Croix Rouge la Salle à Brest s’expriment sur la Transat dans un fauteuil

élèves classe de 5ème 7 du collège La Croix Rouge la Salle - Brest
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photo de Virginie Le Gall

Un soir, nous avons discuté avec Virginie Le Gall, enseignante dans une classe de 5ème, alors que le bateau voguait vers les Antilles. C’était quand il s’en approchait de près déjà. Virginie m’expliquait qu’elle et ses élèves suivaient l’expédition de Jean avec beaucoup d’intérêt. Les enfants manifestaient alors une certaine inquiétude parce qu’ils ne recevaient pas de nouvelles. Dans notre monde hyper-communicant, faire face à l’impatience, c’est quelque chose ! Le 26 novembre, jour de l’arrivée, c’est avec grande joie que je communiquais à Virginie les nouvelles que nous recevions de Samuel, un ami et aidant pour l’arrivée en Martinique de la Transat. Nous avons décidé ce soir-là que j’enverrai des questions que Virginie poserait à ses élèves : Alex, Marianne, Maxime, Lucie, Nino, Ameline, Yanis, Justine, Sofian, Mathéo, Noémie, Elouen, Romane, Gaëtan, Daphnée, Arthur, Léa, Hugo, Quentin, Nathan, Sandra, Aminah, Baptiste et Héloïse. Voici les questions et voici les réponses recueillies par Virginie rédigées par les élèves de la classe.

 

Quand on vous dit Transatlantique, à quoi pensez-vous ? 

La Transatlantique évoque les mots « Transat » et « Atlantique » : cela nous évoque la traversée de l’Atlantique en bateau. Ici nous pensons à Jean d’Artigues qui a décidé de réaliser son rêve en traversant l’Océan malgré sa maladie.

Quand vous avez su que Jean allait traverser l’Atlantique avec deux marins, un infirmier, un médecin et un kinésithérapeute, qu’est-ce que vous vous êtes dit ? 

Nous nous sommes alors dit que Jean d’Artigues avait de gros problèmes de santé. Malgré cela, il a su mobiliser une équipe pour réaliser son rêve et porter un message d’espoir. Toutes ces personnes qui l’entourent lui montrent un grand soutien : c’est une preuve de solidarité.

La transat dans un fauteuil, c’est une véritable expédition. On fait des expéditions pour vivre des aventures et aussi pour apprendre des choses. 

Vous, qu’apprenez-vous de cette expédition ? 

En suivant cette expédition, nous découvrons la preuve que l’on peut toujours réaliser ses rêves, même quand on est en situation de handicap. Jean d’Artigues nous apprend finalement que tout est possible.

A votre avis, qu’est-ce que les marins ont bien pu apprendre ?

Nous pensons que les marins ont appris à vivre au quotidien dans un espace  restreint en soutenant chaque jour une personne en situation de handicap. Ils ont dû apprendre à s’adapter chaque jour, au gré du vent, des marées, du climat, des imprévus, et de l’état de santé de Jean d’Artigues.

Nous suivions le quotidien de l’équipage grâce à leur chaîne Youtube. Pendant un temps ils n’ont pas pu diffuser de vidéos. Plus tard, nous avons compris que cela était dû à des intempéries. On suppose qu’à ce moment de l’aventure, ils ont dû apprendre à gérer leurs peurs de ne pas accomplir leur objectif dans de bonnes conditions.

Les marins sont maintenant arrivés en Martinique, que ressentez-vous ?

Nous avons visionné la vidéo qui présente l’arrivée de l’équipage en Martinique le 26 novembre 2016. Nous étions heureux de voir que Jean d’Artigues et son équipage sont allés au bout de ce rêve. On ressent leur émotion mais aussi celle des gens qui les accueillent. C’est une victoire, un message fort contre la maladie de Charcot. Cela nous donne envie de partir à l’aventure !

Ils ont du apprendre à s’adapter chaque jour », demandons comment à chacun des membres de l’équipage maintenant. On y va les enfants ?

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arrivée de la Transat à la Martinique

161125-miniature-video-arrivee-de-la-transat

arrivée de la Transat dans un fauteuil, au Martin à la Martinique,
vendredi 25 novembre 2016